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artegespiritualite.fr Revue de presse

Un évènement liturgique... dans Ceremoniaire.net

le jeudi 1 novembre 2007
Le père Marc Aillet, membre de la Communauté Saint-Martin, est vicaire général de Mgr Dominique Rey au diocèse de Fréjus-Toulon. Le filial attachement de ce diocèse et de son évêque à la personne du Vicaire du Christ étant connu de tous, on ne s’étonne pas que le vicaire général nous gratifie d’une analyse des raisons du Motu proprio Summorum Pontificum, dans un petit livre dont le but est de mettre en lumière la continuité dans laquelle s’inscrit ce document pontifical.

Dans la préface qu’il accorde à cet ouvrage, Mgr Rey explique que le Motu proprio ne se réduit pas à une pure séduction vis-à-vis de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, mais s’inscrit au contraire dans une volonté, affichée depuis toujours par Joseph Ratzinger, de promouvoir la croissance organique de l’enseignement et de la liturgie de l’Église, avec pour horizon le projet de réforme de la réforme, c’est-à-dire la redécouverte de l’esprit de la liturgie et la progressive resacralisation du culte, en particulier du rite ordinaire.
L’ouvrage se divise en trois chapitres, suivis d’une brève conclusion, de la traduction française du Motu proprio et de la lettre de présentation du document aux évêques, ainsi que d’une petite bibliographie pour se faire une idée juste de la liturgie romaine. On ne peut pas nier la qualité et l’à-propos de la bibliothèque recommandée par le père Aillet, mais nous trouvons surprenant que le plus ancien texte sur la liturgie romaine dont il conseille la lecture date du 4 décembre 1963. Cela dit, l’intitulé de ce sous-titre de la bibliographie laisse percevoir le but subsidiaire du livre entier, tant il est manifeste que des catholiques, qui n’avaient pas une idée juste de la liturgie romaine, pourraient éprouver quelque difficulté à recevoir sereinement les affirmations et prescriptions de Summorum Pontificum.

Le vicaire général commence par présenter brièvement les dispositions du Motu proprio, ainsi que les recours dont disposent les fidèles qui n’obtiendraient pas du curé ce qu’ils demandent légitimement, tout en rassurant le lecteur qu’il ne s’agit pas de revenir en arrière et ainsi d’amenuiser l’autorité du Concile Vatican II, en particulier de mettre en doute la réforme liturgique qui y a été décidée (p. 23). En effet, le Saint-Père est convaincu que dans les pays comme la France, où le « mouvement liturgique avait donné à de nombreuses personnes une remarquable formation liturgique », l’attachement au Missel antérieur était fondé et éclairé (p. 27). Dans son troisième chapitre, sur la participation à la liturgie, l’auteur cite la préface donnée par cardinal Ratzinger en 2003 au livre du père Uwe Michaël Lang : « Pour ceux qui fréquentent habituellement l’Église, les deux effets les plus évidents de la réforme liturgique du Concile Vatican II semblent être la disparition du latin et l’autel orienté vers le peuple. Qui a lu les textes, poursuit le futur Benoît XVI, se rendra compte toutefois avec stupeur qu’en réalité les décrets du Concile ne prévoient rien de tout cela » (p. 91).

La juste idée de la liturgie romaine semblerait donc impliquer une désastreuse mise en application de la réforme voulue par le récent Concile, dont l’authentique application nécessiterait un nouveau mouvement liturgique, qui fait le sujet du deuxième chapitre. On ne s’étonnera pas des réactions inquiètes de tel ou tel prêtre ou animateur laïc de liturgie à la publication du Moto proprio : ces commentaires trahissent un manque de formation liturgique et sens théologique, qu’on ne saurait d’ailleurs pas toujours leur imputer (p. 35). Au cours de ce long chapitre, qui occupe presque la moitié du livre, en commençant par ce constat que l’inculture liturgique a envahi le sanctuaire (ou le podium), l’auteur passe en revue d’autres exigences énumérées par Sacrosanctum Concilium, ainsi que les échecs par lesquels elles se sont soldées. Là où les gestes, en nous venant du fond des âges, en 
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