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Le mammouth m'a tuer dans Le Cri du Contribuable
Pour secouer le mammouth
le samedi 14 juin 2008
Source : Le Cri du Contribuable
De rapports alarmistes en témoignages accablants, les écrits ne manquent pas pour déplorer la dégradation continuelle du système scolaire français. Parmi ceux-ci, l'ouvrage de Bernard Viallet arrive à point nommé. Cet ancien instituteur et directeur d'école nous plonge dans l'univers stupéfiant des zones d'éducation prioritaires (ZEP) où il a enseigné pendant trente ans. Pour qui ne connaît pas, le spectacle vaut le détour : violences quotidiennes, classes où le françai n'est parfois la langue maternelle que d'un élève sur dix, professeurs souvent inexpérimentés...
Face à cela, l'exaspération n'est jamais loin de prendre le pas sur un remarquable dévouement. Tout y passe, des magouilels semi-mafieuses pour bénéficier des allocations familiales aux lourdeurs bureaucratiques. Et, pour couronner le tout, des sommes faramineuses jetées par les fenêtres !
Les vérités décrites par Bernard Viallet ne sont pas toujours bonnes à dire. Pour refuser la fatalité, l'ouvrage se clôt sur une série de propositions aussi urgentes que nécessaires : réformer de fond en comble les IUFM pour qu'ils soient enfin efficaces, praitquer un enseignement à la carte, réaffecter les moyens pour qu'il n'y ait plus "un fonctionnaire quelque part, occupé à quelque chose, pour chaque enseignant placé face aux élèves". Au final, un livre rafraîchissant, qui fourmille d'anecdotes. On serait parfois porté à rire si le tableau n'était celui d'enfants sacrifiés sur l'autel des idéaux égalitaristes.
Jean-Paul Brighelli sonne quant à lui la fin de récré et demande aux hommes politiques d'engager de profondes réformes. L'auteur médiatique d'un témoignage retentissant publié en 2005 - la fabrique du crétin - récidive avec un opus mêlant analyses et propositions. Une dénonciation implacable de ceux qui demandent à cor et à cri toujours plus de moyens, pour mieux retarder les changements structurels. Une autopsie minutieuse d'un système qui marche sur la tête, de la maternelle à l'université.
Le constat est claire : "L'école moderne a prononcé le divorce de l'instruction et de l'éducation en donnant tous les torts à la première. Elle fait de l'ignorance une vertu, de la bêtise une norme." les propositions, elles aussi, sont percutantes : mettre fin au collège unique, refonder les programmes, décréter la liberté pédagogique. Vaste programme. Pas une minute n'est à perdre.
Guillaume Clérel