Nourri d’une impressionnante somme de lectures, cet essai vigoureux du jeune Van Gaver vient remettre à l’honneur la théologie, envisagée comme « sauvage », radicale et directe, dans un désir cosmique de réconcilier la vie et la pensée, la chair et l’esprit, le ciel et la terre. Le voyageur intrépide, le coureur des pistes steppiques au tropisme asiatique prononcé s’applique à lui-même depuis une décennie cette harmonie entre l’action, le voyage et la pensée. L’auteur réclame et revendique « une théologie audacieuse, radicale, qui va aux vraies racines qui sont dans le Ciel. Une théologie à la hussarde, cosaque, cavalière, au débotté, à l’emporte-pièce…Une théologie de combat, légère comme une brigade, pénétrante comme un assaut… »
En cela il est baroque et vraiment catholique. Tous les grands thèmes, actuels ou radicaux, c’est-à-dire qui portent et irriguent notre être-au-monde sont relus à l’aune de la pensée chrétienne, qu’il s’agisse de l’économie, de l’Europe ou de la cité de Dieu et de l’Incarnation. Servi par une brillante préface de Jacques de Guillebon, ce troisième livre gavérien est comme un cri de la créature à la face de son Dieu en même temps qu’un exercice englobant de charité pour une Humanité en perdition, « pour la gloire de Dieu et le salut du monde. »
Frédéric PICHON