Alors que les catholiques s’apprêtent à fêter le cinquantenaire de la mort de Pie XII (1876-1958) et également sa béatification - si l’on en croit le Père Gumpel, postulateur de la cause – de graves accusations pèsent toujours au sujet de ce « pape de la Seconde Guerre mondiale ».
Comment expliquer que ce pape, loué par les chefs d’états et religieux, au sortir de la guerre, pour ses héroïques actions de sauvetage à l’égard des juifs persécutés par le nazisme, comment expliquer que ce même pape soit aujourd’hui traîné dans la boue ?
Que ce soit le film "Amen" de Costa-Gavras ou le livre Le Pape d’Hitler de Cornwell, pour ne citer que les plus populaires, ces tissus de mensonges ont reçu un accueil scandaleusement favorable des médias, pendant que des livres sérieux, tel l’ouvrage du Père Blet Pie XII et la Seconde Guerre Mondiale, d’après les Archives de Vatican (Perrin 1997) passaient à la trappe.
Le consensus politiquement correct sur la « question Pie XII » a pris corps dès les années soixante. En février 2007, l’ancien général des services secrets roumains, Ion Mihai Pacepa révèle que la pièce de théâtre Le Vicaire de Rolf Hochhuth (dont Amen est la réplique cinématographique), aurait été écrite et utilisée par le KGB pour discréditer le pape Pie XII au profit de sombres histoires diplomatiques, lors de la guerre froide.
Cette manœuvre politique a fait le lit de l’anticatholicisme, trop heureux de salir la réputation d’un pontife et, aujourd’hui, le doute demeure sur les intentions de Pie XII.
Pour rétablir la vérité historique, un auteur américain a publié récemment un ouvrage, intitulé Pie XII et les juifs, le mythe du pape d’Hitler dans sa version française. Professeur d’Histoire et rabbin, David Dalin, va jusqu’à demander que Pie XII reçoive le titre honorifique juif de « Juste parmi les nations ». S’appuyant sur des faits historiques avérés, cette biographie de Pie XII fait apparaître indéniablement que, de la prudence d’action du Saint-Père, a découlé son immense efficacité, et par-là la vie sauve pour des millions de juifs innocents. Cette réhabilitation de Pie XII participe au devoir de mémoire, à nous maintenant de le promouvoir pour prouver, une fois de plus, l’inanité des accusations portées contre l’Eglise.
Hortense de Villers