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artegespiritualite.fr Revue de presse

La liturgie au risque de la modernité dans Pro Liturgia

le mardi 1 juillet 2008
Source : Pro Liturgia
Le Père Jonathan Robinson, Professeur de théologie et fondateur de l’Oratoire de Toronto (Canada), nous livre aux éditions “Tempora” une étude de très grande importance sur La liturgie au risque de la modernité.
L’ouvrage de 345 pages, très dense et d’un abord qui pourra sembler un peu ardu pour qui n’a pas fait d’études de philosophie, comporte trois grandes parties.

Dans la première, l’Auteur rappelle en quoi consistent les différents aspects de cette crise liturgique contemporaine que plus personne ne peut nier: “La liturgie de l’Eglise s’est gravement fourvoyée. Pour n’être pas universelle, cette conviction - il est important de le comprendre - est néanmoins partagée par des traditionalistes et par bien des gens que l’on ne saurait en aucune manière qualifier de conservateurs ou traditionnels. Le Cardinal Danneels, primat de Belgique, dont on pourrait certainement dire qu’il appartient à l’aile progressiste de l’Eglise, écrivait dans son bulletin diocésain: “Dans l’ancien droit canon, les rubriques dominaient tout: faute d’être éclairés, les prêtres se conformaient à leurs prescriptions avec une obéissance parfois puérile. Aujourd’hui, la situation est inverse: c’est la liturgie qui doit obéir et s’adapter à nos préoccupations, au point qu’elle ressemble plutôt à un meeting politique ou à un happening. Nous allons célébrer la vie telle que nous la connaissons!” Je pense que le cardinal a raison, et je crois aussi qu’il a mis le doigt sur la déviation fondamentale: la liturgie n’est plus, avant tout, le culte de Dieu mais une célébration de nos besoins et de la vie telle que nous la connaissons. Il est vrai que cela ne gêne pas particulièrement un bon nombre - sinon même la plupart - des gens qui vont encore à la messe; mais pour contrebalancer cette satisfaction (ou autosatisfaction si le cardinal Danneels a raison), il y a quand même deux choses que l’on peut constater.
D’une part, au plus haut niveau de l’Eglise, on admet qu’il faut véritablement quelque chose comme une réforme de la réforme, et cela montre, à tout le moins, que les critiques portées contre les dispositions liturgiques actuelles ne se réduisent pas à refuser de changer ou d’accepter les dispositions de l’autorité légitime. D’autre part, il y a le fait que, si la situation actuelle peut bien satisfaire ceux qui continuent à aller à la messe, on constate que le nombre de pratiquants et l’influence de l’Eglise ont connu une baisse catastrophique. Les catholiques non pratiquants sont bien plus nombreux encore - sans parler de tous les gens qui ne pratiquent aucune religion - à ne rien trouver qui les attire dans nos rites, du moins tels que nous les célébrons actuellement.” Voilà la réalité brièvement mais clairement résumée. Le Lecteur trouvera dans l’ouvrage du P. Robinson de nombreux textes ou exemples venant étayer cette analyse.

Dans la deuxième partie, l’Auteur se plaît à remonter à la source de la crise actuelle: une source qu’il situe aux XVIIIème siècle et au XIXème siècle. C’est la partie la plus dense, la plus complexe, mais incontestablement la plus riche de l’ouvrage: on y voit que la question des rites est, au fond, secondaire, car le vrai problème est d’ordre philosophique, théologique, ecclésial. Au fond, si notre façon de traiter la liturgie - et ses rites - a conduit à faire un peut tout et n’importe quoi, c’est d’abord parce que notre vision de Dieu, de l’Eglise et de la foi chrétienne a été en partie faussée par l’introduction dans notre façon de penser, d’idées fausses, héritières des Lumières.

Dans la troisième partie, assez brève, le P. Robinson propose les solutions qu’il faudrait adopter pour enrayer la crise actuelle. Pour lui, il est évident que la restauration liturgique voulue par l’Eglise au moment de Vatican II était une nécessité car, avant le Concile, “pour un oeil non averti, la messe latine était du théâtre 
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