Un parcours atypique pour cet auteur qui n’en est pas à son premier roman.
Diplômé de l'ENAP (école nationale d'administration pénitentiaire), son premier jour en prison - maison centrale de Saint-Maur, juin 93 -, coïncide avec la tentative d'évasion par hélicoptère de Michel Vaujour dont la précédente tentative, à Fresnes, avait été immortalisée à l'écran, La Fille de l'air, avec Béatrice Dalle dans le rôle titre.
Mai 97, mutation à la maison d'arrêt de Bourges. Prison où le frère Alfred Stanke, aumônier de l'armée allemande, surnommé le Franciscain de Bourges, sauva de nombreux prisonniers français de la mort.
Donc, plus de quinze années passées dans l'administration pénitentiaire. Années marquées par les décès nombreux et violents de détenus - suicides ou assassinats. Disparitions de collègues, aussi, plus difficiles à surmonter. Du monde sans prison d'Albert Jacquard à l'invitation au supplice de Nabokov, aucun livre n'a jamais su décrire la prison dans toute sa singulière monstruosité. Celui qui se rapproche le plus de la vérité est l'Enfer de la Divine Comédie de Dante. Métaphore subtile d'une réalité inavouable :
"J'étais déjà tout disposé à regarder la plaine étendue devant moi et toute baignée de pleurs d'angoisse,
Et je vis venir par la vallée circulaire des gens qui, pleurant en silence, allaient du pas des processions dans le monde.
Lorsque j'abaissai plus près d'eux mon regard, il me parut que chacun de ces damnés était étrangement tordu du menton au commencement du thorax ;
Car leur face était tournée vers les reins, et il leur fallait marcher à reculons, parce qu'ils avaient perdu la faculté de voir en avant." L’Enfer, chant XX
A Bourges, il devient guide bénévole à la cathédrale, puis membre du conseil pastoral de sa paroisse et catéchiste. C'est aussi à partir de ces années-là qu’il entame un travail d'écriture sérieux et assidu. Le manuscrit de son premier roman (La Cathédrale et le secret des Templiers - éd. Royer) reste trois ans dans les placards d'une grande maison d'édition parisienne avec la promesse orale d'une prochaine publication. Promesse non tenue, manuscrit retourné et adressé à une maison plus modeste qui mis seulement trois jours pour prendre la décision d'éditer le manuscrit. Il eut cependant entre-temps la surprise de retrouver les noms et prénoms de ses deux héroïnes, Louise Neveu et Sophie Laurençay, réunis ensemble pour former le nom et prénom d'une autre héroïne, Sophie Neveu, à l'intérieur d'un ouvrage américain dont on parla beaucoup et possédant une thématique assez proche de celle de son roman, L’or des templiers.