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Le pape ou l'empereur
Les catholiques et Napoléon III
Philippe Pichot-Bravard
Livre
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Présentation de l'éditeur
Le 10 décembre 1848, le prince Louis-Napoléon Bonaparte est élu président de la République française. L’ambiguïté de cette élection, qui met en péril la constitution, est le reflet du trouble des électeurs qui cherchent un homme consensuel pour diriger la France.
Le ralliement au futur Napoléon III semble le seul choix politique capable de préserver l’ordre social. La politique de l’empereur sera condamnée par le pape Pie IX qui y voit une atteinte aux affaires temporelles du saint-Siège et à la doctrine sociale de l’Eglise. Mais pour les catholiques français, décider de suivre l’empereur qui représente la seule force capable de résister à la gauche anticléricale ou le pape qui condamne les erreurs modernes ne va pas être un choix facile.
Historien et romancier, Philippe Pichot met en scène les hésitations, les retournements et les choix qui furent ceux de cette période de reconstruction difficile de la nation française.
L'auteur est chargé d'enseignement en Histoire du Droit, en Histoire des idées politiques et en Histoire de l'Eglise. Il est l'auteur de plusieurs romans historiques : Le Vol de l’aigle. Le jeu de la fidélité et du pouvoir, (Ed. Christian, 2002) ; Le duel ou les rebelles de l’an II, et Epopée de la Vendée, (Ed. Choletais, 1995).
Philippe Pichot-Bravard est aussi patron d'émission sur Radio Courtoisie un dimanche par mois. Il a collaboré à plusieurs revues (Conflits actuels, Permanences, Nova Historica).
Recensions
Humanisme dans l'entreprise N°152 - Octobre 2008
Trois des éminents professeurs de l'institut Albert-le-Grand viennent de publier des ouvrages que nous souhaitons vous présenter.
Philippe Pichot-Bravard, chargé d'enseignement en Histoire du droit et en Histoire des idées politiques à Paris II est l'auteur de plusieurs romans historiques. Il vient de faire paraître son mémoire de DEA de Sciences politiques aux éditions Tempora : Le pape ou l'empereur, les catholiques et Napoléon III
Conflits actuels N°20 - Juin 2008
Historien du droit et des institutions, romancier d’une trilogie reconnue des guerres de Vendée, l’universitaire Philippe Pichot (Paris-II) nous entraîne avec talent à approfondir l’une des polémiques les plus importantes de l’histoire de France. Entre l’apparence de l’ordre social et le conservatisme rempart contre la gauche anticléricale, d’une part, et la condamnation par le pape Pie IX de la politique impériale, dans laquelle il décèle une menace sur le pouvoir temporel du Saint-Siège tout autant que sur la doctrine sociale de l’Église, de l’autre, les catholiques français vont connaître un réel déchirement remarquablement décrit par Philippe Pichot, lequel fait notamment revivre le contraste des positions entre un Veuillot intransigeant, un Falloux dont la loi est un instrument de pouvoir et une œuvre de transaction et un Montalembert devenu le chantre du libéralisme catholique. L’ambiguïté du champ politique intérieur est clairement exposé : « Héritier de la Révolution française et de la philosophie des Lumières, le césarisme ne peut que rebuter les contre-révolutionnaires. Il pourrait à l’inverse, séduire ceux qui, parmi les libéraux catholiques entendent réconcilier catholicité et esprit révolutionnaire, face à la menace d’une révolution socialiste, face à l’anarchie, le césarisme va également incarner l’autorité protectrice de l’ordre social et de la civilisation ». Le lecteur est-il vraiment étonné que l’auteur s’attarde sur la figure de Tocqueville, ministre des Affaires étrangères « libéral contre-révolutionnaire respectueux de la religion » et ne réussissant pas à concilier le Pape et le Prince-Président, alors que Philippe Pichot lui transmet en réalité son plaisir à développer là l’un de ses sujets d’études préférés ? L’articulation entre le césarisme et la reconquête spirituelle de la papauté réalisée par Pie IX (Syllabus, Quanta cura, dogme de l’infaillibilité pontificale) dans un contexte de critique du modernisme alors qu’apparaît le libéralisme catholique (Montalembert, le Congrès de Malines) préfigurant la démocratie-chrétienne, est finement proposée au lecteur comme clef de voûte de cette opposition entre le dernier souverain pontife disposant du pouvoir temporel et ayant connu le plus long règne de la papauté et un empire libéral et autoritaire. « (…) L’empereur, sur les conseils de Mgr Darboy et Mgr Maret, signe le 5 janvier suivant, en vertu de dispositions contenues dans les Articles organiques, un décret interdisant la publication de l’encyclique Quanta Cura et du Syllabus parce qu’elles “contiennent des propositions contraires aux principes sur lesquels repose la constitution de l’Empire” ». En France, conclut l’auteur, « l’incompatibilité foncière de la doctrine sociale chrétienne et des principes politiques du césarisme, pourtant rappelée par le Syllabus, n’a été perçue que par une petite élite divisée en trois familles de pensée parfois antagoniste : les contre-révolutionnaires légitimistes, autour de Monseigneur Pie, les contre-révolutionnaires libéraux-traditionnels, nourris de Tocqueville et d Monseigneur Dupanloup et les catholiques libéraux, démocrates-chrétiens, autour de Lacordaire, de Montalembert et d’Arnaud de l’Ariège ». Avec un appareillage de notes substantiel, une présentation des sources, une bibliographie et des études électorales cartographiques sur le département symptomatique du vote catholique conservateur, le Maine et Loire, l’ouvrage enrichit par un apport original la recherche scientifique sur le Second empire, mais il permet également l’accession du plus grand nombre à la connaissance d’un des aspects les plus importants de cette période grâce à son style à la fois léger et évocateur, qui fait de l’historien un conteur.
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