Présentation de l'éditeur
"Il y a quelques années, avec quelques amis, nous lancions, un peu par boutade,
le concept de théologie directe ou sauvage. Il se révèlerait à l’usage que ce fut un vrai trait d’esprit.
Théologie directe ? Oui, théologie directe, vécue, mangée, mâchée et digérée
pour ainsi dire, incorporée. Une théologie sauvage, c’est-à-dire une théologie
libre, personnelle, expérimentée. Les Pères de l’Eglise ont toujours rappelé
que la vraie théologie est enracinée dans l’existence.
Tout chrétien est appelé à faire l’expérience de la théologie dans sa vie. Au
vu des périls croissants qui menacent l’existence même du monde, il est de plus
en plus indispensable que les chrétiens partagent sans ambages et proposent
sans hésitation le trésor de sagesse et la voie de salut qu’ils ont reçus.
La théologie fait partie du bien commun de l’humanité : il m’a paru utile de
réunir ici en une seule trame quelques réflexions de théologie directe ou sauvage
pour servir à ce bien commun – pour la gloire de Dieu et le salut du monde. »
Le lecteur ne pourra que se délecter du style incisif et accort de Falk van
Gaver. À l’époque de l’homme fini, les méfaits de l’absence de Dieu sont directement
visibles sur l’homme et sur la Création.
Le remède ? La théologie. Non
cette discipline austère et inaccessible que l’on imagine, seulement la réponse
à la soif de l’homme : la parole de Dieu.
Recensions
Croisade du Rosaire apostolique pour l'Eglise N° 104 - Décembre 2007
Dans un style vif, nous est donné un tour d'horizon de nombreuses idées contemporaines éclairées ou corrigées avec esprit chrétien et solide culture.
Engagement chrétien http://engagementchretien.free.fr/dotclear/index.php?2008/01/05/53-devenons-theocrates
Devenons théocrates
L'ignoble dessin moderne d'un monde où Dieu est partout chassé, trouve chaque jour une réalisation plus parfaite. Les nouvelles générations sont les premières à être élevées hors du bain salvateur de la théologie et de la connaissance de l'Evangile. Les idoles ont remplacé Dieu, l'ont supplanté dans le coeur de plus en plus endurci de l'Occident. L'intelligence démissionne partout au profit de jugements abstraits dictés par un sentimentalisme frivole.
Il y a quelques années, on découvrait avec joie l'aventure de la revue Immédiatement et la pensée dynamique de ses jeunes auteurs qui, eux seuls en France, ont su parler du drame contemporain d'une génération sans parents, aveugle. Ces auteurs ont évolué loin des feux médiatiques, loin d'un monde qui n'a pas la volonté ou la capacité d'entendre. Les fruits des efforts consentis, on peut les admirer sous la forme de cet essai qui résume admirablement une manière d'être au monde vraiment nouvelle car héritée des temps anciens.
Dans sa préface, Jacques de Guillebon raconte un engagement toujours plus exigeant, toujours plus fort car nécessaire :
[...] nous avons conçu à cette époque de nager enfin vers la lumière. Nous avons [...] choisi d'entrer dans une vie qui fut entièrement théologique.
Cela, il est peut être difficile de le comprendre tout à fait pour l'observateur des péripéties du siècle. Il s'agit de prendre position, enfin, dans la guerre qui nous a vu naître, et qui a pour enjeu la reconnaissance du surnaturel. La guerre est notre lot, c'est ce que nous connaissons le mieux, nous qui devions être les enfants-soldats fabriqués en série par l'Education Nationale dans l'unique but de persécuter le Christ. Mais certains ont choisi les voies de la sagesse. Ils se sont éloignés du monde pour mener le combat sur des bases assainies, comme le Christ sorti de la ville pour le sermon sur la montagne.
Falk van Gaver agit selon une méthode empruntée aux scolastiques et déjà expérimentée avec les articles d'Immédiatement. D'abord déconstruire le siècle, en montrer toute la saleté et le mensonge, puis proposer une théologie neuve, révolutionnaire car ancrée dans la tradition. Ainsi, la lecture de l'Histoire esquissée dans cet essai est passionnante. L'auteur montre, à grand renfort de références plus ou moins oubliées, le génie de la période médiévale et la régression terrible du monde moderne.
En vérité, personne ne peut rien comprendre à notre époque, s'il n'admet que la modernité est avant tout et en dernier lieu le rejet du Fils de l'homme.
Chaque chapitre est une flèche décochée contre notre molle et triste époque. Le tir est cependant effectué toujours d'une perspective différente, mettant méthodiquement à la lumière d'une raison inspirée toutes les obscures tromperies du monde. Au fond, le constat ne change pas. Mais la critique, elle, s'éclaircie, le propos se fait lumière. Qu'il est bien de voir ainsi rejeté le mal du siècle, voir appelé mauvais le mauvais et bon le bon. Cette clairvoyance, nous rappel l'auteur, n'est permise que par l'action de l'Esprit, qui toujours guide l'intelligence vers des horizons plus beaux.
Falk van Gaver invite le lecteur à retrouver un christianisme qui s'est perdu. Il dénonce les travers des catholiques d'aujourd'hui, qui empêchent l'accomplissement de l'engagement chrétien : amour de l'argent, croyance dans les effets positifs du libéralisme économique, tendance au nationalisme, attitude de consommateur face à la religion, etc. Les catholiques se sont finalement un peu trop bien accomodés de la modernité.
[...] la simple action politique semble insuffisante, parce que c'est d'un remède surnaturel dont nous avons besoin. Mais les chrétiens d'aujourd'hui, occupés surtout à s'agenouiller devant le monde et à se mettre à la remorque de la mode, manifestent une remarquable carence intellectuelle. Tout au piétisme, ils ont oublié que fides et ratio vont toujours de pair.
Falk van Gaver pousse le chrétien à retrouver son âme, l'âme de sa religion : la personne du Christ en laquelle tout se renouvelle et trouve à s'accomplir. Le temps des pansements et des prothèses doit prendre fin pour les catholiques. Il n'est de solution que dans Dieu, dans l'absolue Vérité de son Amour. Le relatif, l'Histoire nous l'a montré, est voué à l'éphémère, à l'échec, à la médiocrité. Ainsi les systèmes de pensées qui excluent Dieu sont-ils les pires défaites de l'humanité.
Dans la guerre qui fait rage, l'homme est forcé de prendre position de façon radicale et claire. Et il ne s'agit pas pour le chrétien de quelques nouvelles oboles à accorder, de quelques actions ponctuelles à mener. Non, Dieu n'accepte pas les demi-mesures. Qui n'est pas avec moi est contre moi. Alors c'est toute notre vie qu'il faut engager, résolument, joyeusement, silencieusement, au service de Dieu.
Etre chrétien, c'est dire Oui à Dieu, c'est aussi, et cela va avec, dire absolument Non au monde et à son prince.
Falk van Gaver multiplie les pistes d'engagement : famille chrétienne, charité active, entraide paroissiale, économie locale, agriculture biologique, écologie pratique, et puis ascèse joyeuse, culture de l'effort simple, du labeur libérateur, recherche constant d'humilité, soif de créer et d'apprendre plutôt que de consommer.
La ferveur cachée des amis de Dieu, voilà ce qui importe avant tout à la conduite de l'univers.
Falk van Gaver entraîne le lecteur à renouveler son regard, à remettre en question sa vie. La théologie sauvage qui nous est proposée, c'est la nourriture oubliée de l'Histoire, le pain dont vivait les hommes du malnommé Moyen-Âge et dont on a voulu nous priver. Sans théologie, il n'est plus question de comprendre le monde et moins encore de construire un Bien commun, car Tout est en Dieu. Tout est à Dieu. Sans Lui, que faire ? Sans Lui, questionne le vieux moine aveugle du film Le Grand Silence, pourquoi vivre ?
L'Homme Nouveau Didier Rance - n°1412 - 5 janvier 2008
Un livre roboratif, écrit avec une fougue qui n'a rien à perdre mais tout à conquérir. Les hussards d'aujourd'hui ne partent plus à la conquête de Saint-Germain-des-Près mais du Salut et, à le lire, on comprend mieux pourquoi le pélerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle a pris la place de celui à Katmandou - progrès évident.
Ce livre s'inscrit dans la lignée des écrivains et penseurs chrétiens "intégralistes" : de l'économie à l'Eucharistie, de la politique aux fins dernières, etc. tout est parcouru au pas de la foi. Les noms des grands ancêtres de cette famille spirituelle sont ceux auxquels se réfèrent aussi nombre de collaborateurs de l'Homme Nouveau. Quant aux modernes, le scannage à 360 degrés de la réalité contemporaine conduit l'auteur à des compgnonnages partiels qui pourront surprendre (par ex. jean-Claude Michéa) mais qui s'inscrivent dans la tradition chrétienne des semina Verbi.
L'aisance au sein de la culture tant mondaine que chrétienne de Falk van gaver rendrait jaloux plus d'un aîné, et il écrit comme un escrimeur, utilisant la formule comme arme et le paradoxe comme botte - les deux font généralement mouche (mais il aurait fallu parfois ruminer un peu plus les riches nourritures spirituelles ou intellectuelles qui enrichissent les pages du livre).
Hors du regard chrétien, ce livre sera peut-être jugé donquichottesque. mais est-ce pour déplaire à l'auteur ? (A signaler encore, en annexe, un cadeau précieux et bien à sa place : le poème d'Armand Robin, écrivain au destin tragique qui aurait mérité d'être présenté, Le Programme en quelques siècles).
Radio Ecclesia Emission spéciale "brève livre"
Le Ciel sur la Terre de Falk van Gaver a été présenté aux dates suivantes :
- le 29/11/07 à 20h33
- le 01/12/07 à 09h49
- le 02/12/07 à 17h10
- le 06/12/07 à 14h35
Monde et Vie N°787 - Frédéric PICHON
Nourri d’une impressionnante somme de lectures, cet essai vigoureux du jeune Van Gaver vient remettre à l’honneur la théologie, envisagée comme « sauvage », radicale et directe, dans un désir cosmique de réconcilier la vie et la pensée, la chair et l’esprit, le ciel et la terre. Le voyageur intrépide, le coureur des pistes steppiques au tropisme asiatique prononcé s’applique à lui-même depuis une décennie cette harmonie entre l’action, le voyage et la pensée. L’auteur réclame et revendique « une théologie audacieuse, radicale, qui va aux vraies racines qui sont dans le Ciel. Une théologie à la hussarde, cosaque, cavalière, au débotté, à l’emporte-pièce…Une théologie de combat, légère comme une brigade, pénétrante comme un assaut… »
En cela il est baroque et vraiment catholique. Tous les grands thèmes, actuels ou radicaux, c’est-à-dire qui portent et irriguent notre être-au-monde sont relus à l’aune de la pensée chrétienne, qu’il s’agisse de l’économie, de l’Europe ou de la cité de Dieu et de l’Incarnation. Servi par une brillante préface de Jacques de Guillebon, ce troisième livre gavérien est comme un cri de la créature à la face de son Dieu en même temps qu’un exercice englobant de charité pour une Humanité en perdition, « pour la gloire de Dieu et le salut du monde. »
La Nef N° 186 - Octobre 2007 - Gwen Garnier-Duguy
Le moins que l'on puisse dire est que l'époque n'est pas à la pensée de Dieu. Elle est à l'athéisme. Et elle est à l'argent. De la puissance de ces réalités mortifères procède à peu près tout ce qui ronge l'homme et la Terre. le chrétien, qui est le sel de cette Terre, est trop souvent oublieux de la mission qui est la sienne, mission de conformation à l'Évangile, de détachement vis-à-vis des veaux d'or et des marchandises du temple, mission de "vaincre le monde" et ses mirages matérialistes. Cette vocation missionnaire dévolue au chrétien, faisant cruellement défaut aux forces qui président à l'organisation de la planète, Falk van Gaver, en diplômé de Sciences politiques qu'il est, entend les rappeler fermement non seulement aux catholiques, mais à la nation toute entière, fille aînée de l'Église. Telle une aiguille incandescente, sa plume crève frontalement l'abcès dans le coeur de l'homme afin d'en libérer les pulsations. petit florilège: "le grand combat politique qui attend les chrétiens et tous les hommes est de remettre l'économie à sa place, réenchaîner le dragon anthropophage" ; "Redécouvrir la portée révolutionnaire de l'Évangile, sa puissance de transformation concrète, voilà certainement une nécessité vitale" ; "La théologie est écoute de l parole de Dieu avant d'être une parole sur Dieu" ; "tout chrétien doit d'une certaine façon être théologien : devenir le lieu où s'incarne en acte la parole de Dieu - théologie directe, directement vécue" ; "Plus la productivité croît, plus grandit la pauvreté au niveau global ; plus se développe l'expansion économique, plus augmente la destruction de la nature ; plus s'étend le marché, et donc les possibilités d'échange réciproque, plus se développe le déséquilibre social."
On l'aura compris, Falk van Gaver nie en bloc le monde contemporain, et les chapitres de son livre sont autant de pas qu'accomplit sa pensée afin de procéder méthodiquement, aini qu'une actualisation de l'esprit scolastique, d'abord à la desctruction de ce qui empêche l'humanité de l'homme, ensuite à la construction de ce qui sauve l'homme de ses démons, et l'élève.
Dans une langue simple et accessible, l'auteur de ce livre passionnant plonge, ainsi que le promet le titre de son ouvrage de théologie "sauvage", à la source de la mission et du message chrétiens. La parole du Christ en tant que parole qui sauve y est réaffirmée. Les piliers fondés par les Pères de l'Église, telle La Cité de Dieu de saint Augustin ou le miracle d'asimilation de la raison par la foi opéré par saint thomas d'Aquin y sont rappelés dans leur splendeur active comme une eau rafraîchissante venant réhydrater la pensée d'aujourd'hui. Le patrimoine de l'intelligence chrétienne est ici exhumé contre des a priori modernes moribonds : "Le mérite de la Cité de Dieu est d'avoir clarifié les relations entre le christianisme et l'ordre temporel, en affirmant la transcendance radicale de l'Eglise par rapport à l'Empire romain et, en réalité, par rapport à tout régime politique." Ainsi, c'est tout l'ordre capitaliste inique qui s'en trouve attaqué, ét apprhendé à la lumière des valeurs chrétiennes considérées comme le plus grand modèle capble d'élever le genre humain par une discipline individuelle. En un mot, van gaver recentre le destin de l'homme occidental sur la plus haute de ses possibilités, et la plus noble de ses aventures, celle de réengendrer des saints.
Le Figaro Magazine Le Figaro Magazine - Samedi 20 octobre 2007 - Rémi Soulié
La sauvagerie a du bon lorsqu'elle est le signe d'une nature impétueuse, aventurière, rebelle à toute domestication. C'est elle qui se donne libre cours dans cet "essai de théologie sauvage" de Falk van Gaver, qui se définit comme "écrivain voyageur, catholique engagé et journaliste indépendant". Cette "théologie directe, vécue, mangée, mâchée et digérée" emporte dans son élan les idoles les mieux installées : le marché, la "démocratie de masse", le laïcisme, le spectacle, la novlangue des pédagogues fous mais aussi du "parler texto" et de l'"écriture internet" ...
Explicitement centrée sur la tradition de l'Eglise et sur l'oeuvre d'essayistes contemporains tels Jime Semprun ou Jean-Claude Michéa, la réflexion joyeuse de l'auteur virevolte autour du Credo et en appelle à l'éternelle jeunesse de l'Evangile : "Quel bonheur de jeter sa télé, sa radio, ses livres inutiles, tout ce qui encombre ! Quelle jubilation de faire le vide, de libérer ainsi l'espace pour le remplir d'autre chose, accueillir l'Autre !" Et si cette "sauvagerie" témoignait avant tout de cet enthousiasme merveilleux qui est le fruit de l'esprit d'enfance ?